Loin des principaux sites touristiques se dessine un chemin verdoyant parsemé de ruines archéologiques, vestiges de la grandeur passée de l’Empire Romain. Visiter la Via Appia à Rome, permet de faire un voyage dans le passé, loin de l’agitation urbaine.
Nous allons vous présenter ce qu’il faut savoir avant de s’y rendre, et ce que vous pourrez y découvrir.
Informations pratiques
Ci-dessous les infos essentielles :
Prix ?
La Via Appia en elle-même se parcoure gratuitement et librement. Il s’agit d’une promenade ouverte à tous et accessible quelque soit le jour de l’année.
Elle est en revanche bordée de monuments qui sont eux soumis à des horaires et dont la visite peut être payante.
Il existe deux façons de la longer : en vélo ou à pied. Le vélo permet évidemment de se déplacer plus rapidement. Ayez en tête que pour relier les deux les deux extrémités de la voie, il faut parcourir plus de 15km.
Des itinéraire sont proposés pour vous accompagner.
Accompagnée d'un guide francophone, elle dure entre 4 et 6h.
Elle se fait en anglais et dure 3 heures.
Attention : certains passages comportent encore leurs pavés d’origine. Usés par le temps et les passages des chars et des pèlerins, il n’est pas toujours facile de rouler dessus.
Mais si cela peut vous rassurer, les principaux monuments se trouvent relativement proches les uns des autres et sont plutôt en début de promenade.
Comment y aller ?
Pour s'y rendre depuis le centre touristique de Rome, nous vous conseillons clairement d'emprunter les transports en commun. En effet, depuis le Colisée, on compte facilement 30min de marche.
Deux lignes de bus vous y emmènent, pour moins de 2€ le trajet aller :
- la 118, qui passe environ 3 fois par heure et qui fait deux arrêts sur la Via Appia : l’un à la Porta San Sebastiano, et l'autres aux Catacombe de Saint-Calixe
- la 218, que vous pouvez prendre à la Piazza San Giovanni in Laterano et qui mène à la Porta San Sebastiano en moins de 20 min.
Vous pouvez aussi emprunter le Hop On Hop Off, un bus touristique qui propose un circuit à travers Rome. Au-delà des lieux emblématiques par lesquels il passe, vous aurez la possibilité de descendre aux arrêts qui vous intéressent.
Le métro n’est pas le moyen de transport le plus approprié. La station la plus proche est celle de Piramide, à une bonne vingtaine de minutes de marche, le long de routes pas forcément agréables.



Combien de temps lui consacrer ?
Parcourir la Voie Appienne prend plusieurs heures. Au total, ce sont 15km de promenade.
Bien sur, vous n'êtes pas obligé d'aller au bout et pouvez vous contenter des principales attractions. C'est ce que font la plupart des touristes d'ailleurs.
Si vous démarrez à la Porta San Sebastiano, les monuments les plus emblématiques se trouvent à moins de 10 km.
A titre d'exemple, si vous allez jusqu'à la Villa dei Quintili, il faudra compter un peu plus de deux heures de marche à l'aller. Et cela n'inclut pas les pauses dédiées aux visites des autres monument, tels que des catacombes.
Vous pouvez réduire ce temps en faisant demi-tour avant d'atteindre ses ruines de la villa, si vous optez pour le vélo, ou en limitant les arrêts. Bref, cela dépend surtout de chacun !
Que voir le long de la Via Appia ?
Marcher sur la Via Appia de Rome, c’est aussi se promener au milieu de monuments historiques, de ruines archéologiques et de vestiges religieux.
Voici les principaux :
La Porte Saint Sébastien
La visite commence lorsque vous franchissez la Porte Saint-Sébastien (Porta San Sebastiano). Cet édifice imposant, a été construit en 9 av. JC et incorporé au mur d’Aurélien en 270 environ, un mur de rempart sensé protéger la ville.
Aujourd’hui, on trouve dans ses deux tours parfaitement conservée le Musée des Murailles, dédié à l’architecture et à l’histoire des murailles de Rome. Il marque le début de la Via Appia.
L’entrée est gratuite, du mardi au dimanche, de 10h à 16h. Par sa petite taille, seuls 20 personnes sont autorisés à entrer simultanément.



L’église Santa Maria in Palmis
Aussi appelée “église Domine Quo Vadis”, elle fait la jonction entre l’Appia Antica et la Via Ardeatina.
Elle aurait été construit au XVIIème siècle à l’endroit où Jésus aurait rencontré Saint-Pierre qui fuyait Rome. Ce dernier lui aurait alors demandé “Domine, quo vadis ?” (”Seigneur, où vas-tu ?”), ce qui donna ce nom si particulier à l’édifice.
En son sein, vous pourrez y admirer une pierre votive avec deux empreintes de pieds dont la légende raconte qu’elles appartiendraient au Christ.
Des messes y sont célébrées. Elles ont lieu :
- du 1er Novembre au 31 Mars : les lundi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche et jours de fêtes à 18h.
- du 1er Avril au 31 Octobre : les lundi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche et jours de fêtes à 19h.
Son entrée est libre, mais elle est souvent porte close…



Les catacombes de Saint Calixte
Plus loin, se dressent deux petites basiliques qui marquent l’entrée de ces catacombes. Datant du IIème siècle, elles font partie des plus grandes et des plus importantes de Rome.
Sachez qu’il est interdit de prendre des photos dans les catacombes de Rome.
Cet ensemble funéraire s’étend sur plus de 15 hectares et les galeries souterraines qui le composent atteignent 20km de long sur 4 niveaux, pour une profondeur totale de 20m. Aujourd’hui, seul le second niveau peut être visité.
Ce lieu a été, durant un temps, le cimetière officiel de l’Eglise de Rome. Ce n’est pas moins de 500 000 chrétiens qui reposent ici, dont 16 Papes (certains ont droit à une crypte dédiée, ornée de fresques encore bien conservées).
Vous pourrez également vous recueillir sur la tombe de Sainte Cécile, patronne de la musique.
Elles sont ouvertes tous les jours sauf le mercredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h. Elles sont aussi fermées le 1er Janvier, le dimanche de Pâques et le jour de Noël.
Il n’est possible de les visiter qu’en présence d’un guide. Elles ont lieu toutes les heures et durent une quarantaine de minutes.
La température sous terre avoisine les 16°C et l’air y est très humide.
C’est aussi un lieu sacré et religieux. Il est donc recommandé d’apporter de quoi vous couvrir.
Ce sont les plus grandes de la Via Appia à Rome. La visite guidée peut se faire en français sur certains créneaux horaires.



Celles de San Sebastiano
A une époque où il n’était pas autorisé d’enterrer les morts dans l’enceinte de la ville de Rome, les païens on choisi de disposer des corps le long de la Via Appia, en dehors des murs.
C’est ainsi que s’est formé ce cimetière, avant d’être utilisé par les chrétiens qui se l’approprièrent vers la fin du IIème siècle. Bien qu’il cessa d’être utilisé en tant que tel au Vème siècle, on y dénombre pas moins de 65 000 sépultures.
Certaines fresques retrouvées dans les galeries sont caractéristiques des premiers chrétiens, attestant de leur présence et de leur implication en ces lieux. A l’extérieur, on y trouve également des mausolées.
Autrefois appelées ad catacumbas (auprès de l’affaissement), elles ont été nommées d’après le nom du Saint qui, durant un temps, y reposa (avant d’être transféré dans la basilique des Apôtres au Vème siècle).
Elles se visitent du mardi au dimanche, toujours accompagné d’un guide, de 9h15 à 17h15. Elles sont fermées les jours de Noël et Pâques, et le 1er Janvier.
Ce sont les plus importantes de Rome. La visite guidée existe en français.



Le Cirque Romulus
Ce site, également connu sous le nom de “Cirque de Maxence”, abrite un complexe construit par dessus une première villa républicaine en 311 par l’empereur Maxence.
On y trouve le palais, le cirque et le mausolée édifié en l’honneur de son fils décédé, Romulus. Le cirque pouvait accueillir environ 10 000 spectateurs sur 520m de long et 92m de large. Malgré ses capacités, il se pourrait en revanche qu’il n’ait jamais servi. La mort de Maxence en 312 aurait pu précipiter en effet son abandon.
On y trouvait aussi autrefois l’obélisque du temple d’Isis qui a plus tard été déplacé sur la Piazza Navona.
Ses horaires d’ouverture sont :
- du mardi au vendredi : de 11h à 16h
- le samedi et le dimanche : de 10h à 19h



Le Mausolée de Cecilia Metella
Parmi les sépultures qui ornent la Via Appia, les plus marquantes sont celles du mausolée de Cecilia Metella.
Cet édifice date des années 30 à 20 av. JC et rend hommage à Cecilia Metella, fille de Quintus Caecilius Metellus Creticus (consul en Crète en 67av. JC) et vraisemblablement épouse de Marcus Licinius Crassus (un important général ayant servi César). Il fait également étal de la puissance de sa famille, de son prestige et de ses richesses.
En 1303, la zone fut acquise par la famille des Caetani, qui décida d’en faire une forteresse. Furent ajoutés des tours, des habitations, le palais Caetani et l’église San Nicola.
Aujourd’hui, seules quelques ruines subsistent de ces fortifications.



La Villa dei Quintili
Entre la Via Appia Antica et sa jeune sœur la Via Appia Nuova s’étend la Villa dei Quintili, une immense zone résidentielle de plus de 24 hectares.
On y trouve de nombreux aménagements luxueux de l’époque : des bains thermaux, des salles de réception, un nymphée, un théâtre, un cirque privé et bien sûr, la zone résidentielle.
Ornée de fresques murales et mosaïques encore bien conservées, elle éveillait les jalousie de la haute société. C’est d’ailleurs ce qui causa la mort de ses propriétaires : l’empereur Commode aurait fait mettre à mort les deux frères Quintili pour s’approprier leur résidence.
Elle peut se visiter avec la Santa Maria Nova, une ancienne ferme de 3 hectares aujourd’hui parsemée de ruines.
On y retrouve également un antiquarium, un petit musée qui expose les artéfacts trouvés sur les lieux lors des différentes fouilles.
La Villa dei Quintili et le mausolée de Cecilia Metella font tous deux partie du Parc Archéologique de la Voie Appienne, avec d’autres monuments des alentours.
Vous trouverez les infos nécessaires pour la visiter sur son site internet.
Son histoire
Construite en 312 av. JC à l’initiative d’Appius Claudius Caecus, le Via Appia était destinée à être une voie stratégique de conquête militaire. En l’empruntant, les troupes militaires devaient se déplacer plus rapidement et ainsi être plus efficaces.
Elle servit également à améliorer le transport de marchandises.
Initialement, elle reliait Rome à Capoue. Elle se prolongea peu à peu avec l’expansion de l’Empire Romain, jusqu’à s’étendre sur 800km le long de la côte tyrrhénienne, puis à travers Campanie et Basilicate, jusqu’à Brindisi dans les Pouilles.
Dénuée de péages, son libre accès encourageait à la fois les échanges commerciaux et culturels.
Elle était ponctuée de commodités pour rendre le trajet plus agréable : fontaines pour hommes et pour bêtes, relais de postes, relais voyageurs, nécropoles, sites funéraires, sanctuaires religieux et bornes militaires d’indication des distances se développèrent petit à petit.
La fin du Vème siècle vit arriver la chute de l’Empire Romain, et avec elle l’abandon de cette voie. De temps à autres, elle restait empruntée par quelques pèlerins, mais son manque d’entretien la rendait difficilement praticable.
Il fallut attendre le XVIIIème siècle pour que le Pape Pie VI appelle à sa rénovation.
Au fil des années, des rénovations ont succédé aux fouilles archéologiques, permettant de sortir de terre certains monuments. C’est grâce à elles, ainsi qu’à la conservation de certains sites qu’il fut possible d’en apprendre plus sur la vie des romains de l’époque et des premiers chrétiens.
En 2024, 19 sections ont été classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cette route chargée d’histoire séduit aujourd’hui les curieux qui souhaitent se balader au milieu de vestiges, loin des lieux bondés et trop touristiques.
Si votre séjour dure plus de 4 jours, elle fait partie des visites à faire à Rome que vous pouvez inclure à votre programme !
